« Ancient Lowland Maya Complexity as Revealed by Airborne Laser Scanning of Northern Guatemala », un article à retrouver dans Science

LiDAR data courtesy of Pacunam LiDAR Initiative, generated by NCALM

La revue Science a mis en ligne le vendredi 28 septembre 2018 un article intitulé « Ancient Lowland Maya Complexity as Revealed by Airborne Laser Scanning of Northern Guatemala », auquel ont collaboré Philippe NONDÉDÉO (UMR 8096 ArchAm) et Cyril CASTANET (UMR 8591 LGP), membres du LabEx DynamiTe.

Cet article s’inscrit dans un vaste effort collectif international destiné à l’analyse de l’imagerie LiDAR (Light Detection And Ranging) en zone maya, dont les premières avancées avaient été révélées au mois de janvier passé. Les premiers résultats tangibles de cette recherche pluridisciplinaire sont à présent publiés sous la forme d’un premier article, renouvelant profondément certains paradigmes, notamment en termes de densité de population, de réseaux de communication inter-cités, d’aménagements du paysage et d’exploitation du milieu à des fins agraires et hydrauliques.

Parmi les huit projets archéologiques (la plupart nord-américains) qui ont pris part à cet effort qui a porté sur plus de 2 100 km² de couverture LiDAR financé par une fondation privée, la Fondation Pacunam (Patrimonio Cultural y Natural Maya), figure le Projet Naachtun (Guatemala) : une mission archéologique française financée en partie par le ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères et dirigée par Philippe NONDÉDÉO. Cet effort de cartographie et d’analyse de l’imagerie LiDAR du site de Naachtun et de son territoire a mobilisé plusieurs doctorants de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, ainsi que des chercheurs et ingénieurs du CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique) issus des deux laboratoires ArchAm et LGP. Il a bénéficié également de financements du LabEx DynamiTe et de la Fondation Simone et Cino del Duca.

Parmi les grands enseignements de cette première étude figurent la densité de l’occupation humaine dans cette région du nord du Petén, bien supérieure à ce que l’on imaginait jusque-là (plus de 60 000 structures repérées dont 12 000 pour la seule Naachtun), l’inter-connectivité, insoupçonnée à cette échelle, des cités mayas entre elles via la construction de longues chaussées qui traversent zones de collines et zones marécageuses (plus de 50 km de chaussées cumulées à Naachtun), la diversité des aménagements agraires et hydrauliques (terrasses, parcellaires, canaux, digues, réservoirs, champs surélevés,etc.) ou encore l’usage de systèmes défensifs élaborés pour endiguer les nombreuses attaques qui ont émaillé l’histoire maya. Avec la densité de l’occupation, ce sont bien les aménagements du paysage qui surprennent le plus puisque, pour ne prendre que l’exemple de la couverture autour de Naachtun, pas moins de 18 000 terrasses agricoles et 5 400 canaux de drainage et d’irrigation en lien avec des micro-parcelles agricoles ainsi que 70 grands réservoirs ont été recensés. Tout ceci révèle une exploitation intensive et à large échelle des ressources du milieu ainsi qu’une gestion des risques par les populations mayas de la période Classique (150 – 950 apr. J.-C.).

Aménagements hydrauliques des marais à des fins d’agriculture intensive à proximité du centre de Naachtun. Le réseau blanc correspond à un système de canaux alternant avec des champs cultivés tandis que les aplats bleus correspondent à des réservoirs d’eau (© Projet Naachtun / C. Castanet).