Contrats doctoraux – Campagne 2015 : Contrat n° 2

Contrat Doctoral n° 2
« Quels modèles pour penser et accompagner la décroissance de réseaux techniques ? ».

Groupe de Travail : « Réseaux et territoires »

La date limite d’envoi des dossiers de candidatures est fixée au 26 avril 2015 (inclus).
Déroulement et calendrier de la procédure de recrutement

Description du Poste

Proposition de recherche :

Dans les pays anciennement industrialisés, les réseaux techniques urbains ou inter-urbains (transports, énergie, adduction d’eau etc.) ont commencé à se mettre en place à partir du 19ème siècle et ont été placés sous le signe de la croissance. Ressources énergétiques et environnementales, populations, activités économiques se conjuguent alors autour de figures de réseaux dont le déploiement presque infini était imaginé, par exemple selon des modèles centralisés (l’arbre) ou maillés (le quadrillage). Ce contexte de croissance est aujourd’hui questionné par de nombreux chercheurs. Sans aller jusqu’au catastrophisme, il semble que stagnation ou raréfaction des ressources énergétiques, fragilité des ressources environnementales et stagnation ou déclin économique et démographique soient désormais devenues un référentiel important pour penser l’avenir.

Dans ce nouveau contexte, la plupart des modèles pensés pour la croissance (qu’ils soient théoriques ou quantitatifs) deviennent caduques. Les réseaux techniques et leur articulation avec le territoire doivent être réinterrogés dans leur capacité à vieillir, se réduire, se redimensionner par rapport aux attentes de demain. La question même de leur maintien se pose déjà pour certains quartiers, villes ou régions, en déclin démographique et/ou économique. L’objectif de la thèse n’est pas de proposer un modèle de décroissance appliqué à un réseau particulier mais d’aborder, de manière beaucoup plus générique, la question de la décroissance du point de vue de l’efficacité des réseaux : peut-on penser et accompagner la décroissance des réseaux sans risquer de mettre à mal les propriétés globales qui assurent leur efficacité à l’échelle nationale, voire internationale pour les territoires les mieux insérés dans l’économie-monde ? Peut-on à la fois supprimer des liens et en créer de nouveaux plus performants, sans altérer le fonctionnement d’ensemble ?

Plusieurs approches sont possibles et feront l’objet d’un choix par le candidat :

Les expériences tirées du passé constituent une première piste, placée sous le signe du temps long et de la géohistoire. Certains réseaux techniques ont été partiellement ou totalement abandonnés et constituent un terreau riche et peu exploré : comment s’est accompagnée la décroissance du réseau ferroviaire dans certains pays du monde ? Quels sont les choix qui ont guidé les fermetures de lignes, comment ont-ils été perçus et gérés par les acteurs de l’époque ? A l’échelon urbain, comment les réseaux de transport public ont été démantelés dans certaines villes au profit du « tout automobile » ? Dans le domaine énergétique, comment les substitutions de cycles se sont traduites en termes de remplacement de réseaux techniques ?

Une deuxième approche possible est fondée sur la théorie des graphes et les systèmes complexes. Elle suppose que l’on considère les réseaux comme des systèmes dynamiques, en tenant compte des temporalités différentes de leurs composantes (qui peuvent naître, mourir, croître ou décroître, selon l’échelle envisagée) et que l’on s’intéresse aux modalités possibles de la co-évolution des systèmes techniques et des systèmes territoriaux qu’ils irriguent.

Une troisième approche s’inscrit dans le domaine de l’aménagement du territoire et ou de l’urbanisme. Il s’agit alors d’analyser les conditions de l’émergence et de la mise en œuvre d’un modèle alternatif au modèle réticulaire classique, et/ou de l’adaptation de celui-ci en contexte de décroissance. Quelles sont les politiques, les acteurs de ces transformations ? En quoi la production de ces nouveaux dispositifs transforme-t-elle (ou non) la production, la gestion et la pratique de la ville, des territoires et des services en réseaux ? Peut-on postuler une sortie (partielle) des réseaux ou une réticulation plus complexe, plus diverse, plus interactive (entre réseaux, entre réseaux et aménagement, entre service et usagers) ?

Terrains : pays anciennement industrialisés (Europe, Etats-Unis, Canada, Japon…), à l’échelon urbain, régional ou national, en fonction du/des type(s) de réseau(x) technique(s) étudié(s) dans la thèse.

La méthodologie proposée par le candidat mettra en avant la dimension comparative et l’analyse du changement. L’approche géohistorique s’appuiera sur la construction et l’utilisation de Systèmes d’Information Géographique intégrant des bases de données historiques, ainsi que sur l’histoire des politiques et des jeux d’acteurs qui ont accompagné la rétraction ou l’abandon des réseaux techniques. Pour l’approche « systèmes complexes », les méthodes s’appuieront aussi sur des SIG historiques mais s’inscriront de manière plus large dans le champ de la théorie des graphes et de la modélisation. Enfin, pour l’approche « aménagement », la démarche sera centrée sur les acteurs, les techniques et leur inscription territoriale et sera complétée éventuellement par de l’observation de terrain.

Collaborations prévues

Les membres du groupe Réseaux et Territoires collaborent dans leur champ respectif avec des chercheurs relevant de plusieurs laboratoires ou organismes de recherche :

  • pour l’approche géohistorique, collaborations possibles avec le CNAM, le Centre d’histoire sociale (CHS) de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et l’IFFSTAR ;
  • pour l’approche systèmes complexes, collaboration possible avec l’Institut des Systèmes Complexes de Paris Ile de France (ISCPIF).

Pour l’approche aménagement, collaboration possible avec le laboratoire LATTS.

Compétences et Aptitudes requises
  • Master 2 en géographie, aménagement, mais aussi histoire, économie ;
  • les compétences en matière de traitement des données devront être compatibles avec la problématique et la méthodologie retenues.

Informations complémentaires

Début du contrat : 01/09/2015 ou 01/10/2015 (au choix)

Durée du contrat : 3 ans

Laboratoire d’affectation : UMR Géographie-Cités (8504) – 13 rue du Four – 75006 Paris

Directeur(s) de thèse potentiel(s) : Natacha AVELINE, Sabine BARLES, Anne BRETAGNOLLE, Xavier DESJARDINS, Jean DEBRIE, Sylvie FOL, André GUILLERME (CNAM).

Rémunération nette mensuelle : environ 1350 euros (possibilité de missions complémentaires d’enseignement, selon l’établissement d’accueil/de rattachement).

Contact :

Déroulement et calendrier de la procédure de recrutement

Le dossier de candidature devra être envoyé par formulaire électronique (http://www.form-labex-dynamite.com/doc/fr/). Il devra démontrer l’adéquation au profil du poste (missions et compétences requises). Il comprendra :

  • le projet de thèse (5 à 8 pages maximum) ainsi qu’un résumé (2000 signes espaces compris) en précisant le socle théorique, l’expérimentation sur des matériaux empiriques, la méthodologie ainsi que la faisabilité et le calendrier ;
  • un Curriculum Vitae ;
  • le relevé de notes de Master 1 et celui du 1er semestre de Master 2 ;
  • une lettre de recommandation de l’encadrant du mémoire de Master 2 ;
  • une lettre de l’encadrant de Master attestant de la soutenance prochaine du/de la candidat(e) (avant le 31 août 2015) ;
  • la fiche de renseignements récapitulative transmise automatiquement par e-mail à l’issue de l’acte de candidature via le formulaire électronique.

Il est recommandé de prendre contact avec le Directeur de thèse potentiel en amont (non obligatoire).

La date limite d’envoi des dossiers de candidatures est fixée au 26 avril 2015 (inclus).

Pour information, à l’issue de la date limite de candidature, le LabEx contactera le Directeur de thèse potentiel et le(s) Directeur(s) des unités d’accueil potentiel(s), et ajoutera deux lettres d’accueil dans le dossier de candidature.

Les candidat(e)s retenu(e)s après examen des dossiers et auditions (qui se dérouleront la semaine du 15 juin 2015) seront tenu(e)s informé(e)s des résultats à partir du 22 juin 2015.

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